Etude Kawalis : La technologie au service de la transparence, aujourd’hui une évidence

Etude Kawalis : La technologie au service de la transparence, aujourd’hui une évidence

Pour résumer la situation au Maroc en matière d’équipement et d’usage des TIC, nous allons nous référer aux résultats de l’enquête annuelle de collecte des indicateurs TIC auprès des ménages et des individus pour l’année 2016 réalisée en mai 2017 par l’Agence National de Réglementation des Télécommunications (ANRT).
Les populations ciblées par l’enquête sont les ménages résidant en milieu urbain et rural âgés de 5 ans et plus. La constitution du panel étudié s’est directement référée aux données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat réalisé en 2014 par le Haut-Commissariat au Plan. L’échantillon étudié comporte 2520 individus et ménages dont 1540 en milieu urbain et 980 en milieu rural. Ainsi, l’échantillon a été construit par stratification : par région, genre, tranches d’âge, milieux et différents types d’habitations. Le sondage retenu par l’enquête est le sondage par quotas.
La synthèse des résultats recense les faits marquants de cette étude et résume la situation en matière de TIC. Le taux d’équipement des individus en téléphone mobile a atteint les 95% en 2016. L’équipement des individus en smartphone enregistre, quant à lui, un progrès sensible en atteignant les 67%. En ce qui concerne le taux de pénétration de l’Internet dans le ménage, on constate une augmentation avec 68,5% des ménages équipés d’un accès internet. Il est important de noter que l’Internet mobile enregistre un avantage très net avec 66,5% contre 20,7% pour l’accès Internet fixe.
En ce qui concerne les ordinateurs, le taux d’équipement des ménages en ordinateurs est en stagnation (avec 54,9%). La téléphonie fixe, quant à elle, suit toujours une tendance baissière avec 21,8% en 2016.



Comportement de l’utilisateur marocain : la formation d’une attitude face à la technologie :


Téléphonie mobile :
99,52% des ménages marocains sont équipés d’au moins un téléphone mobile. 95% des individus âgés de 12-65 ans sont équipés en téléphonie mobile (97,8% en milieu urbain et 90,7% en milieu rural)
Le nombre moyen de personnes équipées en téléphonie mobile dans un étage est de 3,8.

Le parc estimé de smartphone est de 18,06 millions. En milieu urbain, 73,8% des individus équipés en téléphonie mobile ont un smartphone. En milieu rural, l’équipement en Smartphone affiche une augmentation en atteignant les 56%.
Ces chiffres varient en fonction de la tranche d’âge. Par exemple, 86% des individus de 12-24 ans ont un smartphone. Les tranches d’âge 25-39 ans et 40-45 ans ont connu les plus fortes augmentations en matière d’équipement en smartphone passant respectivement à 74,6% et 53,8%.
Chiffre très intéressant, 93% des individus équipés en smartphone l’utilisent pour accéder à Internet. (94,5% en milieu urbain et 89,4% en milieu rural).
Ainsi,  la majorité de ceux qui ont un téléphone portable (99% des ménages marocains) ont un smartphone et la majorité de ceux qui ont un smartphone l’utilise pour avoir accès à Internet.

Internet :
69% des ménages marocains ont accès à Internet.
L’équipement des ménages en Internet mobile est de 66,5% contre 20,7% en Internet Fixe.
La majorité des internautes soit 85% préfèrent recourir à des connexions mobiles pour accéder à Internet. En ce qui concerne la fréquence de connexion à Internet, 72,2% des internautes ont accédé à Internet au moins une fois par jour.
La proportion des internautes visitant les sites nationaux est en augmentation : 53% en 2016. Ceci montre l’intérêt croissant que portent les internautes marocains aux sites à vocation nationale.
Les utilisateurs d’Internet depuis leur téléphone mobile vont d’abord sur les réseaux sociaux (84,6%), téléchargent des images et vidéos (68%) ou vont sur les sites de dialogue (65%). 12,2% utilisent internet sur leur smartphone pour obtenir des informations sur des biens et des services, 6,5% pour obtenir des informations auprès d’administrations publiques, 5,1% interagissent avec les administrations publiques et 4,9% publient des commentaires concernant des questions civiques ou politiques.

Applications mobiles :
9 individus équipés d’un smartphone sur 10 utilisent des applications mobiles. Cette proportion est un peu plus élevée en milieu urbain avec 92,8% (contre 84% en milieu rural) et pour les hommes avec 93% (contre 86,8% pour les femmes).
En ce qui concerne la fréquence d’utilisation, 58,5% des individus possédant un smartphone utilisent de manière fréquente 2 à 5 applications mobiles par semaine.
En ce qui concerne la fréquence d’installation des applications, la moitié des utilisateurs ont téléchargé 1 à 5 applications au cours des trois derniers mois de 2016.
30,3% des utilisateurs d’applications mobiles ont utilisé des applications du type réseaux sociaux, 20,2% pour les jeux/divertissement, 13% pour la vie pratique, 12% du type Education/Etudes.

Les réseaux sociaux : 94 % des marocains qui ont accès à Internet utilisent les réseaux sociaux. 84% de ceux-là privilégient des connexions par le biais de leur téléphone mobile et 85% y accèdent quotidiennement.
Ce qui est remarquable dans l’utilisation que font les marocains des réseaux sociaux et particulièrement de Facebook, c’est le rôle qui peuvent parfois lui assigner. Facebook est au fil des années devenu au Maroc une véritable plateforme de contestation des abus, une plateforme qui lève le voile sur les conditions de vie de certains, un lieu où on collecte de l’argent pour des citoyens défavorisés non pris en charge par nos hôpitaux afin qu’il puisse subir de lourdes opérations, un lieu où on publie la photo d’un voleur sur une mobylette ou encore la plaque d’immatriculation d’une voiture mal garée.
Ce comportement social, spécifique aux citoyens marocains, a motivé ce projet. Beaucoup de projets similaires à l’international ont échoué car les citoyens n’avaient pas ce réflexe que l’on retrouve au Maroc.


La technologie au service de la transparence, aujourd’hui une évidence :


Le conseil économique, social et environnemental (cese) a rappelé, dans sa récente étude résumée dans la « synthèse du Rapport Annuel 2016 » publié cette année, à quel point la transformation digitale était au cœur du service au citoyen et centrale pour un développement économique fort. En effet, « le numérique est non seulement un accélérateur puissant dans l’amélioration du service au citoyen, mais constitue également un moyen efficace de lutte contre la corruption et de réduction du pouvoir discrétionnaire de l’administration. Par ailleurs, si la digitalisation de l’administration et des services publics est prise en charge avec l’implication d’acteurs nationaux, cela peut constituer une réelle opportunité pour le développement de tout un pan de l’économie nationale. ». Le CESE préconise la création d’un observatoire de la qualité des services publics afin de donner le droit aux citoyens de s’informer. Enfin, le CESE « appelle aussi à saisir les opportunités de la transformation digitale pour une croissance économique soutenue au service du citoyen, en particulier à travers notamment l’encouragement des activités liées au Big Data, à l’intelligence artificielle, à l’ubérisation de l’économie et à l’impression 3D, et ce, dans le cadre d’une vision stratégique ambitieuse intégrant le développement d’écosystèmes innovants soutenu par un système de formation et des mécanismes de financement adaptés ».

 

Kawalis : pour un plan d'alphabétsation numérique

Aujourd’hui le téléphone portable semble être le meilleur support pour aider le citoyen marocain à intégrer cette logique digitale. D’après les données précédentes, on remarque que le citoyen marocain n’est pas nécessairement passé par l’étape « téléphonie fixe » ou « ordinateur » comme dans d’autres pays pour enfin utiliser le téléphone mobile et pour avoir accès à Internet. Il y a donc bien eu un saut technologique dans le sens où beaucoup d’utilisateurs de smartphones n’ont jamais utilisé et/ou ne savent pas utiliser l’ordinateur par exemple que ce soit pour des raisons générationnelles ou pour des raisons d’accès à l’équipement et à la formation en matière de TIC. Comme avancé, il faut voir l’utilisation des téléphones mobiles et par là des applications mobiles comme la première pierre de l’édifice de la digitalisation. Il faut créer les conditions favorables pour le citoyen de comprendre que la technologie peut le servir en lui rappelant ses droits, en l’informant et en lui donnant un pouvoir de contrôle sur ceux dont le métier est d’être au service du citoyen.
En matière de digitalisation, le Maroc n’est pas en bonne position dans le classement mondial des indicateurs digitaux. Par rapport à l’indice « E-Gov » des Nations unies par exemple, le pays arrive en 82ème position. Pire encore, en matière de capital humain le Maroc est classé 153ème montrant par-là ses défaillances en matière de formation des fonctionnaires notamment.
L’utilisation des TIC reste aujourd’hui tributaire de la volonté et de l’adhésion de tout un chacun. Or, on constate aujourd’hui une adhésion notable des Marocains à l’utilisation des smartphones, à l’internet mobile, aux réseaux sociaux et aux applications mobiles. Il est donc difficile de croire que les citoyens adhéreront à une transformation digitale brusque de l’administration marocaine sans comprendre de quoi il s’agit et sans avoir été accompagner. En effet, une digitalisation « brutale » peut être vécue d’une part comme une « virtualisation » d’un espace réel où le citoyen est habitué à se rendre (administration publique, programme e-gov...) et d’autre part comme un monde complexe en rupture totale avec ses codes. L’idée « d’un plan d’alphabétisation numérique » (Y. Guerraoui Filali dans le Huffpost) est par là intéressante. La formation d’une attitude « citoyen-utilisateur » est la première étape de ce plan d’alphabétisation numérique.

Kawalis  s’inscrit également dans cette logique : en plus d’être un outil participatif de suggestion, de contrôle et un outil de sensibilisation et d’éducation, il est un instrument d’accompagnement des citoyens marocains dans cette nouvelle expérience numérique. En effet, il a aussi pour vocation de dévoiler aux citoyens marocains les utilisations possibles et nouvelles de la technologie et le rôle important qu’ils ont à jouer. 

 

Ali Safraoui

 

 

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